Guide pratique
Choisir un ordinateur neuf sans se faire avoir
Ce qui compte vraiment dans une fiche technique, ce qui n'est que du décor, et les options qu'on vous vendra en magasin.
Une fiche technique de magasin est écrite pour impressionner, pas pour informer. Résultat : beaucoup de gens paient pour des caractéristiques qui ne changeront rien à leur usage, et rognent sur celles qui feront toute la différence.
Voici comment je regarde une fiche, dans l’ordre.
1. Le disque : SSD, sans discussion
C’est le seul critère qui transforme réellement le ressenti. Un ordinateur équipé d’un disque SSD démarre en quelques secondes ; le même avec un disque mécanique met une minute et rame à l’ouverture de chaque logiciel.
En 2026, un ordinateur neuf vendu avec un disque dur mécanique classique est à éviter, quel que soit le reste de la fiche. Vérifiez la mention SSD ou NVMe.
Pour la capacité, 512 Go conviennent à la grande majorité des usages. 256 Go suffisent si vos photos sont ailleurs, mais deviennent vite justes.
2. La mémoire vive : 16 Go
C’est ce qui permet d’avoir plusieurs choses ouvertes en même temps sans que tout ralentisse. 8 Go restent le minimum vendu, et cela fonctionne pour un usage strictement simple. 16 Go est aujourd’hui le bon choix, et c’est souvent le meilleur euro dépensé de toute la machine.
Point d’attention : sur beaucoup d’ordinateurs portables récents, la mémoire est soudée et ne pourra pas être augmentée plus tard. Ce qui est acheté au départ est définitif.
3. Le processeur : moins important qu’on ne le dit
C’est l’argument le plus mis en avant en rayon, et rarement celui qui limite l’usage. Pour de la bureautique, de la navigation et de la vidéo, un processeur de milieu de gamme récent suffit largement.
Méfiez-vous surtout des entrées de gamme les plus basses, vendues autour de 300 à 400 €. Elles paraissent économiques et deviennent pénibles au bout de quelques mois.
4. L’écran, qu’on regarde huit heures par jour
Sur un portable, visez au minimum une définition Full HD (1920 × 1080). Les écrans en 1366 × 768 se vendent encore : ils affichent moins de contenu et fatiguent davantage.
Écran mat ou brillant, c’est une question de placement : un écran brillant devant une fenêtre devient un miroir.
5. Ce qu’on vous proposera à la caisse
- L’antivirus payant pour trois ans. Windows intègre une protection suffisante pour un usage domestique. Cet abonnement est presque toujours une dépense évitable.
- La suite bureautique préinstallée. Souvent un abonnement d’un an, qui se reconduit ensuite au tarif plein. Des solutions gratuites couvrent parfaitement les besoins courants.
- L’extension de garantie. À évaluer au cas par cas, mais rarement rentable sur une machine d’entrée ou de milieu de gamme.
- Le « pack mise en service ». La même prestation, réalisée chez vous et non en magasin, relève des Services à la Personne : elle ouvre droit à 50 % de crédit d’impôt, donc à moitié prix.
Faut-il vraiment changer ?
La question mérite d’être posée avant l’achat. Un ordinateur de six ou sept ans qui rame est très souvent limité par son disque mécanique, pas par son processeur. Remplacer ce disque par un SSD coûte une fraction du prix d’une machine neuve et lui rend l’essentiel de sa vivacité.
Ce n’est pas toujours la bonne décision. Une machine qui ne reçoit plus de mises à jour de sécurité doit être remplacée, quelles que soient ses performances : c’est le cas des ordinateurs restés sous Windows 10, dont le support s’est arrêté en octobre 2025. Beaucoup de machines d’avant 2018 ne remplissent pas les conditions matérielles de Windows 11 et ne peuvent pas être mises à niveau : c’est vérifiable en quelques minutes, et cela change la réponse.
Dans les autres cas, cela vaut la peine de vérifier avant de dépenser plusieurs centaines d’euros.